Pourquoi me rendis-je écrivain ? parce que j'avais quelque chose à dire et que, de plus, j'étais sujet au désespoir, mon métier m'empêcha de me détruire volontairement, au moins jusqu'à cette heure, cela m'arrivera pourtant, la gloire ne m'étant venue, la gloire eût traversé ma volonté de mort.


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Longtemps je n'avais pas compris que le fait d'être une femme était comme on dit un handicap ; je ne m'étais nullement attardée sur l'évidence qu'il était difficile d'envisager un destin à la Lawrence d'Arabie en étant de sexe féminin. Je n'avais d'ailleurs eu aucune alerte à ce sujet. Mes parents ayant oublié de m'interdire quoi que ce soit, je n'avais jamais de ma vie entendu dire que je ne pouvais pas entreprendre quelque chose parce que j'étais une fille.Et quand la sixième heure étant venue, il y eut des ténèbres sur toute la terre, jusqu'à la neuvième heure.Et pourtant je ne réussis pas à penser une seule fois à la mort sans trembler à cette idée : la mort viendra nécessairement, pour des causes ordinaires, préparée par toute une vie, d'autant plus infaillible qu'elle sera venue. Ce sera un fait naturel comme la chute d'une pluie. Et c'est à cela que je ne me résigne pas : pourquoi ne recherche-t-on pas la mort volontaire, une mort qui soit l'affirmation d'un libre choix, qui exprime quelque chose ? Au lieu de se laisser mourir ? Pourquoi ?.Quand donc l'avis contraire au mien l'emporte, cela ne prouve autre chose sinon que je m'étais trompé, et que ce que j'estimais être la volonté générale ne l'était pas. Si mon avis particulier l'eût emporté, j'aurais fait autre chose que ce que j'avais voulu, c'est alors que je n'aurais pas été libre.Pensez où la gloire de l' homme le plus commence et se termine, et dire ma gloire est que j'avais ces amis.J'ai choisi le métier d'écrivain contre la mort et parce que je n'avais pas la foi.