Nous sommes bien plus injustes que le destin lui-même lorsque nous le jugeons. Nous ne voyons que le malheur du sage, car nous savons tous ce que c’est que le malheur ; mais nous ne voyons pas son bonheur, car il faut être exactement aussi sage que le sage et aussi juste que le juste dont on pèse le destin pour reconnaître leur bonheur.


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Quand nous plaçons le malheur dans un plateau de la balance, chacun de nous dépose dans l’autre l’idée qu’il se fait du bonheur. Le sauvage y mettra de l’alcool, de la poudre et des plumes d’autruche ; l’homme civilisé un peu d’or et quelques jours d’ivresse ; mais le sage y déposera mille choses que nous ne voyons pas, toute son âme peut-être, et le malheur même qu’il aura purifié.Il est impossible que l’on soit heureux si l’on ne veut pas l’être ; il faut donc vouloir son bonheur et le faire. Ce que l’on n’a point assez dit, c’est que c’est un devoir aussi envers les autres que d’être heureux. On dit bien qu’il n’y a d’aimé que celui qui est heureux ; mais on oublie que cette récompense est juste et méritée ; car le malheur, l’ennui et le désespoir sont dans l’air que nous respirons tous ; aussi nous devons reconnaissance et couronne d’athlète à ceux qui digèrent les miasmes, et purifient en quelque sorte la commune vie par leur énergique exemple. Aussi n’y a-t-il rien de plus profond dans l’amour que le serment d’être heureux. Quoi de plus difficile à surmonter que l’ennui, la tristesse ou le malheur de ceux que l’on aime ? Tout homme et toute femme devraient penser continuellement à ceci que le bonheur, j’entends celui que l’on conquiert pour soi, est l’offrande la plus belle et la plus généreuse.Les plus lourdes croix à porter ne sont pas les plus apparentes. Nous voyons tous le malheur dans les grandes secousses et les ébranlements de l'existence : il nous faut des catastrophes pour le reconnaître. Qui s'avise de le chercher dans l'action lente d'un chagrin continu ? La goutte d'eau ronge le rocher, mais son action nous échappe.Nous sommes juste de bons amis. Nous plaisantons ici dans le club-house, mais si nous nous voyons en dehors, nous sommes amis. Nous plaisantons, essayer d'avoir du plaisir.Qui sommes-nous au juste ? Ce que nous avons été ou bien ce que nous aurions aimé être ? Le tort que nous avons causé ou bien celui que nous avons subi ? Les rendez-vous que nous avons ratés ou les rencontres fortuites qui ont dévié le cours de notre destin ? Les coulisses qui nous ont préservés de la vanité ou bien les feux de la rampe qui nous ont servi de bûchers ? Nous sommes tout cela en même temps, toute la vie qui a été la nôtre, avec ses hauts et ses bas, ses prouesses et ses vicissitudes ; nous sommes aussi l'ensemble des fantômes qui nous hantent. .. nous sommes plusieurs personnages en un, si convaincants dans les différents rôles que nous avons assumés qu'il nous est impossible de savoir lequel nous avons été vraiment, lequel nous sommes devenus, lequel nous survivra.Nous avons beau - comme l'arbre qui est né sage - soupçonner les grimaces du destin, nous n'avons pas encore appris à sourire des simples blessures du coeur. L'orage nous terrasse, entame la chair même du bonheur. Mais, l'eau nouvelle est l'invention des matins.