Ce n'est pas en lui mettant de l'herbe sous le nez que les moutons montrent au berger qu'ils ont bien mangé c'est à leur laine qu'on s'en aperçoit, après qu'ils ont digéré leur nourriture eh bien, fais de même : ne va pas mettre sous le nez des profanes les principes de la philosophie, fais-leur voir les effets quand tu les as digérés.


ce-n'-lui-mettant-de-l'herbe-nez-moutons-montrent-berger-qu'-ont-bien-mangé-c'-à-laine-qu'on-s'-aperçoit-après-qu'-ont-digéré
Épictèten'estluimettantdel'herbenezmoutonsmontrentbergerqu'ilsontbienmangéc'estlainequ'ons'enaperoitaprèsdigérénourritureehbienfaisnevamettreprofanesprincipesphilosophiefaisleurvoireffetsasdigérésce n'estn'est pasen luilui mettantmettant dede l'herbel'herbe sousle neznez queles moutonsmoutons montrentmontrent auau bergerberger qu'ilsqu'ils ontont bienbien mangémangé c'estc'est àleur lainelaine qu'onqu'on s'ens'en aperçoitaprès qu'ilsqu'ils ontont digérédigéré leurleur nourriturenourriture eheh bienfais dede mêmemêmenene vava paspas mettremettre sousle neznez desdes profanesprofanes lesles principesprincipes dede lala philosophievoir lesles effetseffets quandles asas digérésce n'est pasn'est pas enpas en luien lui mettantlui mettant demettant de l'herbede l'herbe sousl'herbe sous lesous le nezle nez quenez que lesque les moutonsles moutons montrentmoutons montrent aumontrent au bergerau berger qu'ilsberger qu'ils ontqu'ils ont bienont bien mangébien mangé c'estmangé c'est àc'est à leurà leur laineleur laine qu'onlaine qu'on s'enqu'on s'en aperçoitaprès qu'ils ontqu'ils ont digéréont digéré leurdigéré leur nourritureleur nourriture ehnourriture eh bienfais de mêmede mêmene vane va pasva pas mettrepas mettre sousmettre sous lesous le nezle nez desnez des profanesdes profanes lesprofanes les principesles principes deprincipes de lade la philosophievoir les effetsles effets quandeffets quand tutu les asles as digérés

Ce n'est pas en lui mettant de l'herbe sous le nez que les moutons montrent au berger qu'ils ont bien mangé ; c'est à leur laine qu'on s'en aperçoit, après qu'ils ont digéré leur nourriture ; eh bien, fais de même : ne va pas mettre sous le nez des profanes les principes de la philosophie, fais-leur voir les effets quand tu les as digérés.On se moque des gens qui rêvent, on les gronde, on les fustige, on leur remet le nez dans la réalité, on leur dit que la vie est moche, qu'elle est triste, qu'il n'y a pas d'avenir, pas de place pour l'espérance. Et on leur tape sur la tête pour être sûr qu'ils retiennent la leçon. On leur invente des besoins dont ils n'ont pas besoin et on leur prend tous leurs sous. On les maintient prisonniers.Je ne leur dirai pas même qu'un éléphant a une trompe. Je pourrais peut-être leur montrer un éléphant, si j'en avais un sous la main, mais je les laisserais tout simplement s'approcher, sans qu'ils en sachent beaucoup plus sur lui que l'éléphant en sait sur eux. La même chose pour l'herbe et les autres choses. Je ne leur dirais même pas que l'herbe est verte. Les couleurs ne sont que des noms. Je veux dire, si vous leur dites que l'herbe est verte, ça les amène inévitablement à attendre que l'herbe ait un certain aspect - l'aspect que vous lui prêtez - au lieu d'un autre qui peut être aussi bien et peut-être encore mieux...Toute leur vie était régie non par des lois, des statuts ou des règles, mais selon leur volonté et leur libre arbitre. Ils sortaient du lit quand bon leur semblait, buvaient, mangeaient, travaillaient, dormaient quand le désir leur en venait. Nul ne les éveillait, nul ne les obligeait à boire ni à manger, ni à faire quoi que ce soit. Ainsi en avait décidé Gargantua. Et toute leur règle tenait en cette clause : FAIS CE QUE VOUDRAS. Parce que les gens libres, bien nés, bien éduqués, vivant en bonne société, ont naturellement un instinct, un aiguillon qu'ils appellent honneur et qui les pousse toujours à agir vertueusement et les éloigne du vice.Les gens qui vont voir une pièce où on leur dit qu'il y a foule — ne s'aperçoivent pas qu'ils forment eux-mêmes cette foule, qu'ils venaient voir autant que la pièce. Beaucoup de gens s'empressent de se ranger à ce qu'on leur dit être l'opinion publique, — surtout quand elle est contraire au gouvernement ; parce que, tout en obéissant à leur instinct de moutons de Panurge, ils ont un certain air d'audace sans danger qui flatte le bourgeois. — Ils seraient bien effrayés parfois s'ils savaient qu'ils sont à la tête de l'opinion dont ils croient suivre la queue, — et qu'ils seraient seuls de leur opinion publique — s'il n'y avait pas d'autres bourgeois pris dans le même piège.Les hommes se montrent souvent sous leur jour le plus sordide quand ils ont peur.